Archives du mot-clé DMLA

Bibliographie DMLA : les articles qu’il fallait lire en 2009-2010

Comme l’année dernière, j’étais invité à présenter lors de la « Journée du réseau DMLA » (qui marque le début de la campagne d’information et de dépistage) les « 5 articles qu’il fallait lire » en 2009-2010 (en 10 minutes)… parmi les 1200 et quelques retrouvés par PubMed à la requête « age-related macular degeneration », limités à la période 25 juin 2009 – 25 juin 2010…

Ces fichiers sont à votre disposition pour une utilisation personnelle (consultation) :
aucun élément ne peut être diffusé sans mon autorisation.
N’hésitez pas à me contacter pour toutes questions.

Quelques commentaires ci-après…
Continue la lecture

Avastin vs. Lucentis : influence du prix ?

Jean-Marie Vailloud (Grange Blanche) reparlait avant-hier d’un article du JAMA publié en 2008 (accessible ici), montrant que l’efficacité d’un placebo d’antalgique était proportionnelle à son prix annoncé.
Cela est-il applicable aux anti-VEGF (ranibizumab-Lucentis, ou bevacizumab-Avastin hors AMM) utilisés en traitement de la DMLA exsudative ?

Évidemment, l’influence du prix d’un médicament semble peu probable sur des critères d’évaluation objectifs (angiographie, OCT), mais qu’en est-il sur les critères subjectifs tels que l’acuité visuelle (le plus souvent critère principal d’ailleurs) ou « Qualité de Vie » ?
Si les études randomisées en cours (CATT aux USA avec les premiers résultats attendus dans moins d’un an, GEFAL en France, IVAN en Angleterre, VIBERA en Allemagne, MANTA en Autriche, LUCAS en Norvège…) confirment notre impression clinique d’équivalence entre les deux traitements, elles ne prendront pas en compte ce paramètre, puisque le patient, en « insu », ne connait pas la nature du traitement qu’il reçoit (pour un prix par injection variant de quelques dizaines d’euros à plus de 1000€) !

Quoi qu’il en soit, dans une étude rétrospective publiée récemment (mais il n’est pas précisé dans l’article si le patient était sensibilisé ou non au prix des deux alternatives, étant remboursé de la même manière quel que soit le choix), les deux traitements semblent bien avoir une efficacité comparable en terme d’acuité visuelle et de tolérance… avec un nombre moyen d’injections nécessaires moins important sous Avastin que Lucentis (4,4/an vs 6,3 respectivement).

Référence : Fong DS, Custis P, Howes J, Hsu JW. Intravitreal bevacizumab and ranibizumab for age-related macular degeneration a multicenter, retrospective study. Ophthalmology 2010 Feb;117(2):298-302. Epub 2009 Dec 6.

Futurs (?) traitements de la DMLA atrophique

Faisant figure de « parents pauvres » à côté de la DMLA exsudative qui bénéficie depuis quelques années des traitements anti-VEGF, les formes plus précoces (« maculopathie liée à l’âge ») et la forme atrophique de DMLA font actuellemment l’objet de nombreux essais thérapeutiques. J’avais déjà abordé certaines approches, en voilà une liste actualisée, présentée lors du dernier « Jeudi de la Rétine » (10 avril 2010) :

Vous pouvez retrouver l’intégralité des présentations de cette soirée consacrée à la DMLA atrophique sur le site de la Fédération Rétine de Paris.

Bientôt, du Lucentis « LP » (libération prolongée) ?

C’est la question que l’on peut se poser à la lecture du communiqué de presse du 6 octobre, concernant l’accord signé par Roche/Genentech avec SurModics, pour l’utilisation d’un dispositif de délivrance prolongée (microparticules)…

Cependant, le développement d’une telle nouvelle formulation nécessitera certainement la réalisation de nouveaux essais avant sa mise sur le marché, ce qui prendra donc un certain temps : nous n’en avons donc pas tout à fait fini avec la répétition des injections et les discussions sur la meilleure stratégie pour en réduire le nombre tout en conservant les meilleurs résultats sur la vision de nos patients…

En savoir plus : Irv Arons’ Journal
Via @OSNSuperSite

Comparaison Macugen et triamcinolone, en association avec PDT (VERITAS) : problème de puissance…

Il y a un an environ, une nouvelle publiée par Ophthalmology Times Europe (OTE) laissait entendre qu’il n’y avait « pas de différence entre Macugen et triamcinolone » (associés à la photothérapie dynamique) en traitement de la DMLA exsudative… et que l’essai qui comparait les deux associations avait été arrêté précocément (sans précision sur le motif de cet arrêt prématuré, dont on pouvait donc penser qu’il s’agissait justement de l’absence de différence entre les deux traitements…) :

No difference between Macugen and triamcinolone
14 June 2007 – Ophthalmology Times Europe

A study, which was halted before the completion of enrolment, failed to demonstrate any difference in the visual outcomes or safety concerns in patients with neovascularization secondary to age-related macular degeneration (AMD) who were treated with photodynamic therapy (PDT) in combination with either intravitreal injections of Macugen (pegaptanib sodium) or triamcinolone, according to a presentation at this year’s meeting of the Association for Research in Vision and Ophthalmology (ARVO) [...]

Dans un article du 18 juin, OTE revient sur cet essai (« VERITAS ») : en fait, ce serait en raison des résultats des études du Lucentis qu’il aurait été arrêté, et non par manque d’efficacité du Macugen par rapport à la triamcinolone.
L’absence de différence significative entre les deux groupes peut alors tout simplement s’expliquer par le manque de puissance de l’étude (puisque seulement un tiers de l’effectif initialement prévu a été inclus)… ce d’autant que les groupes ne sont pas comparables au départ !

Outre qu’aucune conclusion ne peut être tirée de l’étude VERITAS, cet exemple rappelle également que les résultats d’essais doivent toujours être analysés avec précaution
Continue la lecture